Pourquoi refuser le coton "standard" (non issu de l'agriculture biologique) ?

Le coton non biologique: OGM et produits toxiques

Nous refusons d'utiliser du coton non biologique. En effet, l'agriculture non biologique du coton est l'une de celles qui contribuent le plus à la diffusion de produits chimiques toxiques dans l'environnement.

Comme la fibre de coton se récolte à la fin de la vie de la plante, le rendement est très sensible à tous les problèmes qui peuvent perturber la plante depuis la germination jusqu'à la floraison. Le cotonnier nécessitant un climat à la fois humide et chaud, les ravageurs ne manquent pas, et de nombreux insectes causent des dégâts sur le coton aux différents stades du développement de la plante et particulièrement aux stades finaux en période sèche et chaude (de la floraison à la récolte), ainsi que des champignons principalement aux premiers stades en période humide (germination et développement des racines).

Pesticides abondants et particulièrement dangereux

Le coton n'est pas directement destiné à la consommation alimentaire humaine. Aussi, les produits chimiques les plus toxiques ont été utilisés pour lutter contre les insectes qui le ravagent. Pourtant, l'huile des graines de coton est utilisée comme huile végétale dans l'industrie alimentaire (à la différence du reste de la plante, elle est comestible pour l'homme après raffinement) et le bétail est nourri de tous les autres résidus du coton, qui entre donc, directement ou indirectement dans l'alimentation humaine,

Nombreux sont les pesticides utilisés -encore aujourd'hui- dans l'agriculture du coton, qui sont connus comme cancérigènes, neurotoxiques, perturbateurs endocriniens, etc. Au niveau mondial, le coton recevait 25% des pesticides pour seulement 2.5% des surfaces cultivées, faisant de cette culture l'une des plus polluantes. Depuis l'essor des OGM, les producteurs de semences OGM prétendent que les OGM permettent de diminuer jusqu'à 85% l'utilisation de pesticides, tandis que certains opposants prétendent que si cela est vrai les premières années, l'utilisation de pesticides augmente ensuite pour revenir au même niveau. Dans un contexte de lobbying intense, il est pratiquement impossible de disposer de chiffres fiables sur la consommation actuelle de pesticides par l'agriculture du coton, mais on sait qu'elle reste très importante et met en oeuvre des molécules particulièrement préoccupantes.

Si l'arséniate de plomb et le DDT sont actuellement interdits à peu près partout dans le monde, les pesticides utilisés encore aujourd'hui sur le coton représentent une grande variété de substances chimiques toxiques (organophosphorés, organochlorés, carbamates, pyréthrinoïdes, organoarsenic, métaux lourds...) qui sont utilisés comme herbicide (pour supprimer les plantes concurrentes), antifongique (pour éviter les champignons et moisissures), insecticide (pour tuer les insectes), défoliant (pour faire tomber les feuilles et faciliter la récolte mécanisée). Beaucoup de ces pesticides sont interdits en Europe (mais le coton ne pousse pas en Europe...) et connus comme cancérigènes, neurotoxiques, perturbateurs endocriniens, etc. Ils contaminent les sols et les cours d'eau à court ou à long terme. Certains sont bioaccumulables et des molécules interdites depuis plusieurs décennies sont encore présentes dans l'environnement.
Pour plus d'informations, la liste des pesticides utilisés pour le coton actuellement en Californie (en anglais) est édifiante, alors que la Californie est parmi les régions productrices qui ont fait le plus de progrès sur ce sujet.

L'insecte qui a causé le plus de ravages aux USA sur le coton est un coléoptère originaire du Mexique, le charançon du coton plus connu sous son nom anglais "Boll Weevil" capable de ravages massifs. Les cultivateurs de coton ont à peu près tout essayé pour lutter contre ce petit insecte (y compris la pulvérisation d'arsenic puis de DDT par avion), les succès les plus importants ont été obtenus avec des méthodes non toxiques (pièges à phéromones, prédateurs naturels, etc.).

Massivement OGM

En 2011, 69% du coton mondial est OGM, et la proportion est de l'ordre de 90% en Inde et aux USA. Il s'agit principalement de coton issu de manipulations génétiques ayant pour but de faire fabriquer par la plante des grandes quantités de bacille Bt, mortel pour une large variété d'insectes (mais pas tous, notamment pas le charançon du coton l'un des ravageurs les plus virulents), dans le but d'éviter une partie des insecticides utilisés massivement sur le coton.

Cela pose le problème -commun à tous les OGM- des risques liés à la méthode de manipulation génétique : modifications génétiques "collatérales" non connues et non contrôlées, dissémination du ou des codes génétiques modifiés dans l'environnement, etc.

Cela pose également le problème des effets d'échelle, avec des très grandes quantités de bacille Bt ainsi produites sur l'environnement. Certes, le Bt est un bacille naturellement présent dans les sols et qui est à ce titre autorisé -pour l'instant- dans l'agriculture biologique. Cependant, les quantités produits par les OGM Bt sont sans commune mesure, et l'accumulation dans les sols et les cours d'eau constitue une menace écologique longtemps ignorée, mais dont on commence à réaliser qu'elle a des impacts sur de nombreuses espèces d'insectes ciblés et non ciblés et sur leurs prédateurs, notamment les hirondelles et les chauve-souris -une espèce protégée- dont les populations sont en forte baisse à proximité des zones où le bacille Bt est largement utilisé, sans doute à cause de la raréfaction de leurs proies.


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